Parlez-vous le "champenois" ?

Lorsqu’on l’on arrive dans une région il y a toujours des expressions ou du vocabulaire qui sont spécifiques. La champagne n’y échappe pas. En voici quelques exemples

Les Galipes : lorsqu’un vigneron champenois parle de ses vignes, il utilise ce terme ; parfois même, une rumeur au vignoble peut vite devenir « radio galipes »

Le Marc : nous sommes en présence d’un terme à réponses multiples ;

1 : c’est une eau de vie, dans ce cas il est souvent précisé « marc de champagne » 

2 : c’est une « unité de mesure » pour en principe 4000 kg de raisin, mais dans la pratique cela correspond souvent à un pressoir dont la taille varie de 2000 à 12000 kg, ainsi le champenois parle d’un marc de 2000 ou d’un marc de 8000 pour éviter parfois quelques incompréhensions entre partenaires professionnels.

3 : en dernier lieu ce mot peut être utilisé pour désigner les résidus de pressurage connu aussi sous le nom d’aignes.

La retrousse : ce mot peut parfois donner lieu à quelques sourires malicieux….néanmoins en champagne c’est avant tout un acte lié au pressurage qui consiste à remanier le plus soigneusement possible le raisin dans la cage du pressoir afin d’optimiser l’extraction des moûts. Sur le pressoir Coquard traditionnel la retrousse est exclusivement manuelle et cela reste un moment particulier pour un visiteur.

Une Cadole : situées exclusivement sur quelques petites régions de la champagne auboise, cette construction faite avec des pierres plates est le vestige vivant des abris que les vignerons ont élaboré au 19ème siècle pour se protéger au vignoble des conditions climatiques difficiles.

Le rachet : chicot en Bourgogne ; cot dans le Sud-Ouest ; rachet en Champagne, et courson dans la plupart des autres régions : c'est bien ce sarment court de l'année précédent, taillé à deux ou trois yeux, dont l'objectif est de renouveler le cep.

Meunier : abréviation, désormais actée, de pinot meunier, cépage spécifique à la champagne. Les jeunes feuilles sont recouvertes d'une sorte de duvet blanchâtre, qui donne de loin l'impression d'un champ recouvert de farine, d'où l'expression !


Par Francis Desautels, oenologue, chargé de cours à la faculté de sciences de Reims.


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